L'appel
- Angèle Belliveau, Patient
- il y a 2 jours
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Aujourd'hui, j'ai reçu le premier appel téléphonique. Une médecin inconnue. Impassible et professionnelle, sa question va droit au but : « J'ai reçu des documents. Dites-moi ce qui se passe. »
Bon, je prends une grande inspiration, je me suis préparée à cela... et pourtant, je suis déstabilisée par les questions soudaines d'une inconnue. Quelque chose au plus profond de moi me pousse à aller de l'avant et je trouve les mots simples pour exprimer ma vérité :
« Je vis avec une hypertension artérielle pulmonaire depuis cinq ans. J'ai reçu des médicaments par voie intraveineuse dès le début, puis par une pompe sous-cutanée continue. La maladie progresse rapidement et sans avertissement. Cette année, j'ai commencé le quatrième traitement, une injection. Il n'existe actuellement aucun autre médicament disponible. La dernière option est la transplantation, et ce n'est pas simple. » Puis le silence. Je respire profondément et je rassemble mes forces pour une dernière phrase : « Et je veux demander de l'aide pour pouvoir un jour sortir la tête haute. »
Elle parle d'un ton différent, empreint d'empathie et d'attention. Elle me voit et honore mon combat comme je m'honore moi-même. « Il n'y aura pas de souffrance », dit-elle, « et quand vous serez prêt, nous tiendrons votre main, ainsi que celle de votre famille ».
J'expire bruyamment, dans un soupir mêlé de soulagement, de peur, de tristesse et d'accomplissement. « Merci », murmure-je. Elle répond simplement : « Je suis là pour vous ». Nous restons ensemble, silencieuses, dans un silence pesant, pendant quelques instants, conscientes de la puissance de ce moment et de tout le travail acharné qu'il a fallu pour en arriver là. Elle m'explique ensuite qu'une autre personne m'appellera, que le discours sera répété, mais que la demande a déjà été approuvée.
Appel n° 1 terminé. Je pleure. Puis, l'énergie change et je me sens puissante. C'est l'un des rares moments dans ce parcours avec l'hypertension pulmonaire où j'ai mon mot à dire, où je peux lever la main et prendre la décision pour moi-même.
Par Angèle Belliveau




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